PEINTURE POMPIER

La peinture pompier a toujours existé, même si elle ne s’appelait pas comme ça à l’époque.

Il s’agit de peinture baroque, de peinture romantique où des artistes peintres sont attachés à la perfection dans l’exécution de leur tableau, où seule importe la perfection dans le détail  » aux poils de moustache  » près du grenadier.

La peinture pompier ou l’art pompier est défini, dès 1888, comme peinture ayant traité de manière conventionnelle avec une précision d’entomologiste des scènes d’histoire ou de genre.

 » Pompier  » par allusion aux casques dont les peintres pompiers néoclassiques coiffaient les guerriers grecs ou romains.

Les peintres pompiers étaient qualifiés par certains peintres, peintres connus et peintres français, comme des  » tâcherons  » en quête du beau.

Qui se souvient aujourd’hui d’un des peintres célèbres les plus en cours au Second Empire, William Bouguereau ( 1825 – 1905 ), Prix de Rome en 1850 avec son tableau célèbre  » Zénobie retrouvée par les bergers sur les bords de l’Araxe « .

William Bouguereau est un des plus grands peintres académiques, peintre pompier du XIXème siècle, et probablement l’un des plus chers de l’époque.

Cet artiste opiniâtre se plaisait à dire :  » Ma minute vaut 300 Frs or « .

Peintre de la bourgeoisie bien pensante du Second Empire, il vend, par l’intermédiaire de son marchand d’art, Paul Durand Ruel, ses tableaux pompiers à des collectionneurs principalement américains.

Son thème de prédilection est la femme.

Femme aux bagues anciennes, tableau romantique … Il s’inspire des peintres célèbres, notamment de Jean Auguste Dominique Ingres ( 1780 – 1867 ).

Si William Bouguereau connaîtra un énorme succès, il sera décrié, raillé, brocardé.

Le célèbre critique Huysmans ( 1848 – 1907 ) dira de ses tableaux célèbres : « C’est de la porcelaine, c’est du léché flasque ».

Des peintres célèbres, artistes peintres contemporains de son époque le dénigreront et le vilipenderont.

Edgar Degas ( 1834 – 1917 ) inventera le verbe  » bouguereauter  » pour qualifier une peinture pompier mièvre.

Paul Cézanne ( 1839 – 1906 ) dira de sa peinture :  » C’est le comble de la pommade. Les paysans sont propres et roses, les jeunes filles chastes, les déesses délicatement suggestives. Cette élégance apprêtée plait aux nouveaux riches et aux prêtres mondains ! « .

William  Bouguereau sera bien entendu réfractaire à la peinture abstraite, au peintre impressionniste, voire même à la peinture chinoise.

Pour lui, la peinture c’est du premier degré.

Il faudra attendre le peintre célèbre, peintre espagnol Salvador Dali ( 1904 – 1989 ), grand amateur de William Bouguereau, peintre pompier, qu’il opposera à Pablo Picasso ( 1881 – 1973 ), autre peintre célèbre, peintre espagnol, pour le réhabiliter.

Salvador Dali écrira dans  » Les cocus du vieil art moderne  » que, si Pablo Picasso fabriquait du laid, c’était par peur de l’art du peintre célèbre William Bouguereau.

Mais, c’est au renouveau de la peinture orientaliste que la peinture pompier, le tableau pompier, retrouvera ses lettres de noblesse.

Le surréalisme, l’hyperréalisme sont proches du tableau pompier et, paradoxalement, on pourrait très bien rapprocher les drapeaux américains de Jasper Johns ( 1930 ) , célèbre peintre dessinateur à l’origine du Pop Art et certains portraits célèbres d’Andy Warhol ( 1928 – 1987 ), également fondateur du Pop Art, sans oublier les œuvres d’Alain Jacquet ( 1939 – 2008 ), célèbre peintre français qui, vous en conviendrez, ne sont pas si éloignés du tableau pompier.

 

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